« Le cercle des jours » – Ken Follett

J’ai reçu ce livre en cadeau et ce gros pavé (de 600 pages) aurait pu me décourager d’entrée, mais c’est sans compter sur mon appétence pour les romans historiques et particulièrement ceux de Ken Follett.

Ken Follett qui a d’abord été encensé avec « Les Piliers de la terre » puis descendu en flèche par les bien-pensants qui brûlent le jour ce qu’ils ont adoré la veille… Bref, pour moi, il reste un grand écrivain des histoires de l’Histoire, et ce sont des récits qui sont toujours très précisément documentés et dont l’écriture est addictive. Ce roman est donc une fiction dont les évènements historiques sont réels. Non seulement Ken Follett s’entoure d’historiens et de chercheurs, mais il s’intéresse aussi personnellement à l’histoire qu’il raconte en allant lui-même sur les lieux qu’il décrit, à la manière d’un Zola et son roman naturaliste, en quelque sorte.

Ken Follett situe son roman autour de ce qui deviendra « Stonehenge » (les pierres suspendues). Ce lieu est un véritable mystère pour les archéologues et pourtant il existe néanmoins des pistes d’interprétation dont Ken Follet va nourrir son roman. Ce lieu se trouve dans l’axe du levant et du couchant, il imagine donc trois fonctions à ce monument : un lieu de rencontre annuelle pour les échanges, le commerce et le brassage social, un lieu sacré où l’on vénérait le soleil et enfin un calendrier où des prêtresses gardiennes du temple comptaient les jours, seules à avoir la connaissance du temps. Ces théories sont en partie réelles puisque fondées sur les recherches d’équipes successives d’historiens et d’archéologues.

Avec « Le cercle des jours », Ken Follet nous entraîne à la fin de la période néolithique où tout est toujours qu’une question de survie. Les peuplades sont divisées entre agriculteurs, tailleurs de silex, éleveurs, forestiers, etc. Nous entrons dans une civilisation très organisée et hiérarchisée.

Lors d’une sécheresse particulièrement difficile, le monument de bois servant de lieu de culte est détruit. Les peuplades se livrent à des rivalités impitoyables. Joia, jeune prêtresse désireuse d’instaurer une paix durable entre les populations tendues et afin d’honorer au mieux les Dieux, décide d’ériger un monument en pierre, plus durable, et, pour ça, elle fait appel à Seft, tailleur de silex à l’esprit ingénieux.

À travers des sacrifices, des luttes politiques, des histoires d’amour et un acte de violence insoutenable qui fait basculer la région dans le chaos, Joia et Seft parviennent à mobiliser les hommes et les femmes de la plaine pour achever le chef-d’œuvre qui traversera les millénaires.

On retrouve les trois grands axes de l’écriture de Ken Follet :

  • L’ingéniosité de la construction
  • Le pouvoir et la force des femmes.
  • Le mystère de la foi

Il faut tout de même être un peu critique : Le rythme du roman est assez lent. Certains chapitres traînent en longueur et les incartades à l’histoire principale, si elles peuvent éclairer le contexte, ne sont néanmoins pas toujours très utiles. Les personnages sont parfois un peu trop manichéens (les gentils d’un côté et les méchants de l’autre), et Ken Follett n’a pas dérogé à la mode d’un « wokisme » de bon aloi… C’est dommage… Par ailleurs, bien qu’il ait été traduit par 4 traducteurs différents, on trouve beaucoup de répétitions et les dialogues peuvent paraître assez pauvres…

Cependant, j’ai beaucoup aimé ce livre dans lequel, pourtant, j’ai eu du mal à m’immerger. Je trouvais cette lecture fastidieuse et pas toujours efficace par rapport à l’intrigue principale, mais je dois bien reconnaître que je l’ai terminée la larmichette à l’œil et en laissant tristement les personnages auxquels je m’étais finalement beaucoup attachés.

Je ne verrai plus jamais Stonehenge de la même façon…

Ken Follett, « Le cercle des jours »

Ed. Robert Laffont – 2025

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